La gestation pour autrui en Europe : vers quel pays se tourner pour procréer dans la légalité

gestation pour autrui

Le consulat d’Espagne en Ukraine a commencé depuis septembre de cette année à enregistrer une trentaine de bébés nés grâce à la gestation pour autrui (GPA). Ces bébés ont été empêchés de quitter le pays en raison d’inquiétudes quant au trafic d’êtres humains et à des pratiques médicales abusives dans ce domaine.

Chaque année, des parents aspirants de toute l’Europe font des voyages similaires afin d’éviter les dérangements liés à la GPA dans leur pays d’origine. Ils voyagent alors à l’étranger et dépensent de grosses sommes d’argent rien que pour avoir un enfant et réaliser leur rêve de fonder une famille.

Mais qu’est-ce que la GPA, ou maternité de substitution ? Où peut-on la pratiquer en toute légalité en Europe ? Et est-ce que la législation doit-elle changer pour en faciliter l’accès et mieux organiser le processus ?

Qu’est-ce que la gestation pour autrui (GPA) ?

La gestation pour autrui (GPA), appelée aussi maternité de substitution, est une méthode de procréation assistée dans laquelle une femme porte et accouche pour un autre couple ou une autre personne.

La maternité de substitution est généralement recherchée par les personnes, appelées «parents intentionnels», qui souhaitent avoir des enfants mais n’en sont pas capables à cause de divers problèmes de santé.

Il existe deux types de contrats GPA :
– La forme la plus courante est la GPA dans laquelle la FIV est utilisée pour induire une grossesse chez la mère porteuse en utilisant l’ovocyte de la future mère ou d’un donneur.
– Dans la maternité de substitution traditionnelle, une mère porteuse tombe enceinte en utilisant son propre ovocyte, ce qui fait d’elle la mère génétique.

Est-ce légal en Europe ?

En parcourant les lois des pays européens, nous constatons que la maternité de substitution est fortement restreinte en Europe.

L’Italie, l’Espagne, la France et l’Allemagne font partie des pays qui proscrivent toutes les formes de maternité de substitution.

En Irlande, aux Pays-Bas, en Belgique et en République tchèque, les accords sont «nuls et inapplicables», ce qui signifie qu’il n’y a pas de législation reconnaissant la maternité de substitution et donc aucun moyen de transférer la filiation aux parents mandatés.

Au Royaume-Uni, la maternité de substitution est légale pour les ressortissants britanniques si elle est altruiste, tandis que le Portugal autorise également la GPA altruiste pour les couples hétérosexuels ayant des besoins médicaux.

L’Ukraine et la Russie ont les lois les plus laxistes en matière de GPA en Europe, autorisant les citoyens, y compris les étrangers, à payer des substituts pour leurs services.

Qui, où et combien ça coûte ?

Malgré la législation restrictive en Europe, la GPA est en train de devenir beaucoup plus populaire. La plupart des couples qui entreprennent ce type de procédures en Europe viennent de Norvége, du Royaume-Uni, d’Irlande, d’Italie, de France, d’Allemagne et de Suède. Environ 50% d’entre eux sont des couples hétérosexuels et 50% sont des couples homosexuels.

Une récente étude de Families Through Surrogacy, une organisation à but non lucratif basée en Australie qui fournit des conseils aux parents intentionnels, a révélé que les Norvégiens constituaient le plus grand groupe d’utilisateurs de la GPA en Europe et que l’Espagne constituait également un marché important. Cette émergence de nouveaux fournisseurs de services GPA peut être expliquée par la fermeture des marchés traditionnels, tels que l’Inde, le Népal et la Thaïlande.

Concernant le coût du processus, de nombreux Européens optent pour l’Ukraine, où la GPA coûte environ 50 000 dollars (43 970 euros), contre plus de 100 000 dollars aux États-Unis. Un autre marché est également en train d’apparaître au Kenya, où la maternité de substitution coûte entre 40 000 et 45 000 dollars (entre 34 370 et 38 670 euros), mais il n’y a pas encore de réglementation, ce qui rend l’opération assez risquée.

Pourquoi doit-on améliorer notre législation Européenne ?

Il a été prouvé que l’interdiction de la maternité de substitution encourageait tout simplement la pratique à entrer dans la clandestinité, créant ainsi des risques inutiles pour les mères porteuses vulnérables, les futurs parents et les enfants.

La GPA transfrontalière est semée d’embûches et étant donné le taux élevé d’infertilité dans les pays développés et la tendance croissante des couples homosexuels à former des familles, les pays européens doivent examiner avec soin l’attitude de leurs citoyens à l’égard de la GPA et élaborer des lois qui permettent un meilleur accès à cette pratique sur le plan national.

Ceci évitera à de nombreux parents intentionnels de se jeter dans la gueule du loup, de perdre leurs économies et de voir leurs rêves s’évaporer.

La gestation pour autrui en Europe : vers quel pays se tourner pour procréer dans la légalité
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